Partager l'article ! Les perles de culture: Les perles de culture ou perles cultivées sont des miracles de la nature initiés par la main de l'homme. Celui-ci a ...
Les perles de culture ou perles cultivées sont des miracles de la nature initiés par la main de
l'homme. Celui-ci a découvert qu'en insérant un irritant dans la chair d'une huitre, elle procédait automatiquement, comme pour les perles fines à la production de nacre. En Chine, depuis le XII ème
siècle, on introduit des morceaux de plomb ou d'étain. Au XVIII ème le naturaliste suédois Karl Vn Linné semble avoir percé le secret des perles de cultures. Quelques unes sont gardées au British
Museum.
Les travaux de Linné ont servi de base à diverses expérimentations en Angleterre par Hunter à la fin du XVIIe siècle, puis en
Allemagne et à la fin du XIXe siècle au Belize (ancien Honduras britannique). Les travaux ont continué en Polynésie avec Bouchon-Brandely et surtout en Australie, dans le détroit de Torres avec
par William Saville-Kent. Ce dernier implanta d'ailleurs sa propre ferme perlère en 1906. La mort le surpris en 1909 alors que le succès était acquis. Son entreprise ne lui survécut pas.
Au XIXe siècle, les Japonais utilisaient cette technique pour faire produire aux mollusques des demi-perles,
sécrétées sur une demi-boule de nacre fixée à la coquille sous le manteau de l'huître perlière. Ces demi-perles de culture étaient ensuite collées sur de la nacre et vendues en Europe sous le nom
fallacieux de perles japonaises. Elles étaient maintenues sur les bijoux à l'aide d'une lame de métal qui les encerclait.
C'est à l'automne 1901 que Saville-kent reçut la visite officielle de Tokishi Nishitawa (1874-1909), officier des pêcheries
venu inspecter les 2000 pêcheurs de nacre japonais de la mer d'Arufa en compagnie d'un inspecteur des pêcheries. À leur retour au Japon au printemps 1902, Tatsuhei Mise (1880-1924), gendre de
l'inspecteur, entreprit des expériences de culture perlière et annonça le succès en 1904. Cela incita
T. Nishikawa à débuter ses propres expériences en 1905 avec ses élèves, les frères Fujita : Le succès fut annoncé en 1907.
T. Nishikawa épousa la deuxième fille de Kokichi Mikimoto (1858-1954), un homme d'affaires spécialisé dans le commerce des demi-perles
de culture. Mikimoto fut sacré plus tard roi de la perle dans un article du New York Herald du 9 octobre 1954.
Dans les environs de Kobe, existe une île nommée île des Perles. Elle est aujourd'hui trans
formée en musée de la perle de culture. Mikimoto ainsi que les fameux Nishikawa et Mise y sont conjointement célébrés.
Mikimoto mit au point la technique de l'élevage dans des paniers suspendus à des cordes. Il utilisa une méthode d'introduction du greffon de manteau destinée à sécréter des couches perlières
autour du noyau de nacre. Cette technique fut inspirée des travaux de son gendre décédé. La mise en oeuvre était assurée par le dentiste Otikichi Kuwabara, un ami de Mikimoto.
Mikimoto commercialisa ses premières perles de culture aux États-Unis. Il organisa avec génies ses fermes perlières et persévéra malgré la forte
mortalité des huîtres opérées ainsi que de multiples incidents qui faillirent emporter tous les mollusques. En ce temps, on répertoriait comme accident les typhons et les boues rouges
(développement du plancton qui étouffe tout).
À la fin de sa vie, Mikimoto régnait sur un empire de perles de culture qu'il avait maintenu pendant la
Seconde Guerre Mondiale malgré les pressions gouvernementales.
Les secrets de la technique de culture furent bien gardés en dépit de la volonté américaine. Ainsi, les fermes perlières ne
purent s'implanter hors du Japon qu'avec la présence des greffeurs japonais.